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Maisons éclusières : La reconversion

En transférant les canaux bretons à la Région, l'État lui a également fait cadeau de 156 maisons d'éclusiers, dont une centaine inoccupées (*). Ces petits paradis commencent à renaître à la vie, grâce à un astucieux appel à projets.

À louer 130 € par mois, jolie maison de cinq pièces sur 500 m² au bord de l'eau. Voilà une annonce bien alléchante mais il y a une condition : le locataire doit s'engager à réaliser un projet d'intérêt artistique, culturel ou touristique. Ainsi l'a décidé le propriétaire des lieux soucieux de donner à son patrimoine un rayonnement public, fut-il assuré par une initiative privée.

D'une pierre trois coups

Le conseil régional fait ainsi d'une (vieille) pierre trois coups : il s'épargne le coût d'entretien des maisons éclusières, désormais à la charge des occupants, tout en percevant quelques menus loyers et en renforçant l'attractivité de la Bretagne intérieure conformément à sa politique constante de développement touristique.

Et au passage, il fait des heureux. Les nouveaux occupants d'abord. Qu'ils soient commerçants, associatifs ou institutionnels, ils semblent ravis d'engager leur premier été d'aventure sur les bords du canal. Le public aussi y trouve son compte, qu'il s'agisse des randonneurs du chemin de halage qui trouvent à s'y loger ou s'y restaurer, des habitants du coin qui découvrent un nouveau site d'expo ou d'information ou des pêcheurs à la ligne qui ont trouvé là un toit pour leur association.

Vingt nouvelles offres

Pourtant, seules douze maisons sur les 23 proposées ont trouvé preneurs. Ces douze-là ont fait l'objet d'une sévère concurrence, puisque 60 projets ont répondu à l'appel de la Région. « Plusieurs d'entre eux ont été rejetés d'emblée, parce qu'ils ne correspondaient pas à l'exigence d'activité qui avait été fixée », explique-t-on au conseil régional. Et pour départager les autres, il a fallu choisir les idées les plus séduisantes et les talents les plus réalistes.

Que les recalés de cette première offre se rassurent : le redoublement est possible et ils pourront postuler à nouveau pour un deuxième appel qui concernera à nouveau une vingtaine de maisons. Ils pourront aussi prendre l'initiative de demander une maison non proposée, comme viennent de le faire quatre porteurs de projet qui ont obtenu satisfaction.

Les toues de la Petite Madeleine

Parmi les lauréats du premier appel d'offres, on trouve une crêperie, un bar-salon de thé, un atelier de ferronnerie d'art, des lieux d'information sur le canal, des locaux associatifs, et surtout des hébergements, qu'ils soient spartiates type « refuge », ou confortables façon « chambre d'hôte ».

À la « Petite Madeleine », l'une des onze écluses de l'échelle de Hédé (35), Catherine Saint-James a su conjuguer dans son projet toutes les attentes de la Région. Installée voici trois mois sur cet itinéraire Saint-Malo - Rennes très prisé des cyclistes, elle propose des logements flottants atypiques dans ses « toues cabanées » avec prêt de kayak et vélos, un local d'accueil et des paniers gourmands. « J'ai engagé les démarches pour les labellisations Rando-accueil, Accueil-vélo, et Tourisme et handicap », explique-t-elle en annonçant ses projets de développement : l'aménagement rustique de trois boxes à chevaux, des animations musicales (il est vrai qu'elle est violoncelliste et directrice du festival « jazz aux écluses » de Hédé), des soirées théâtrales (avec le Théâtre de poche) et des initiations à la peinture avec l'atelier local d'aquarelle.

« Au départ, nous n'avions pas prévu de résider sur place puisque ce n'était pas l'objet de l'appel à projets », raconte Catherine Saint-James. « Mais la région a souhaité que le site soit habité. 120 m², six pièces, un cadre enchanteur... ce n'était pas une contrainte, mais un privilège ».

* Le réseau des canaux bretons (Nantes à Brest, Blavet, Ille-et-Rance, Manche-Océan) compte 506 km, 313 écluses, et 156 maisons éclusières dont 63 sont aujourd'hui habitées par des éclusiers.

Voir Source Le Télégramme - par Alain Le Bloas, le 21 août 2014
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Deux chambres d'hôtes flottent sur le canal

Depuis le 1er août, deux chambres d'hôtes ont ouvert leurs portes devant la maison éclusière de la petite Madeleine. Leur originalité ? Ce sont des bateaux amarrés sur le canal d'Ille-et-Rance.

Sur le site des Onze-Écluses, à deux pas de la maison du canal, deux bateaux amarrés devant la maison éclusière de la petite Madeleine ont fait leur apparition. Ces deux embarcations en bois sont en réalité des chambres d'hôtes flottantes.

Cette idée originale est née de Catherine Saint-James. Elle a répondu à l'appel à projet de la région Bretagne. En effet, avec la baisse d'activité du transport fluvial, certaines maisons éclusières ont été laissées à l'abandon. Aujourd'hui, la région souhaite leur donner une seconde vie pour dynamiser l'activité touristique, artistique et culturelle au bord du canal. À mi-chemin entre Saint-Malo et Rennes, le site des Onze-Écluses est un pôle touristique majeur.

Un concept original

Catherine Saint-James, qui organise également le festival Jazz aux écluses, souhaitait depuis un moment créer des chambres d'hôtes, mais n'avait pas de local. La région souhaitant que les porteurs de projets vivent dans la maison éclusière, Catherine a eu l'idée d'aménager les chambres sur des bateaux. Fabriqués à Saint-Germain-sur-Vienne (Indre-et-Loire), les toues (bateaux plats servant de bac) ont été conçues de manière artisanale. D'une longueur de dix mètres et d'une largeur de deux mètres, elles possèdent deux couchages pour quatre personnes, des toilettes sèches et des douches.

En plus des nuitées, Catherine Saint-James offre la location de vélos et d'un kayak. Le matin, elle prépare les petits-déjeuners pour ses hôtes. « J'aime accueillir les gens, qu'ils se plaisent dans le coin mais aussi chez moi. Nous avons beaucoup d'atouts dans la région, avec un littoral, des canaux et des villes magnifiques. »

Des vacances sur une île flottante

Les chambres d'hôtes sont ouvertes à la location depuis seulement deux semaines. La gérante assure que les réservations sont déjà au rendez-vous. Depuis samedi, Thierry, sa compagne et ses deux enfants de 8 et 10 ans, ont posé leurs bagages sur ces îles flottantes. Tombés un peu par hasard sur ces locations, ils ne sont pas déçus. « J'aime cette relation particulière que l'on entretient avec les propriétaires. Catherine est au petit soin avec nous. Elle connaît le coin et nous donne des conseils pour nos ballades. »

L'emplacement du site des Onze-Écluses permet aux randonneurs ou aux cyclistes de partir la journée sur la côte. Thierry apprécie aussi la tranquillité du lieu. « À 20 h, les bords du canal se vident. Avec le bruit de l'eau de l'écluse en fond sonore, c'est très reposant et agréable. » Les plus jeunes aussi sont conquis. « Ça change de la maison, la mienne ne flotte pas », s'amuse le plus grand.

Pour le moment, les chambres flottantes restent à quai mais Catherine n'exclut pas d'offrir la possibilité aux locataires de naviguer. D'anciens box à chevaux seront aussi aménagés à l'horizon 2015. Ils serviront d'hébergements pour les randonneurs de passage.

Chambres d'hôtes flottantes, sur le site des Onze écluses, 95 € la nuitée pour deux à quatre personnes. Pour tout renseignement, contacter Ille flottantes au 06 40 11 12 41.

Voir Source Ouest-France - par Maureen SUIGNARD, le 14 août 2014
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La nouvelle vie des maisons éclusières bretonnes

Il y a un an la région Bretagne lançait un appel à projet pour redonner vie à 23 maisons éclusières. Depuis, quatre projets ont été lancés en Ille-et-Vilaine. Parmi eux, Ille-Flottante, des chambres d'hôtes installés sur l'eau, devant l'une des onze écluses d'Hédé près de Rennes.

Faire revivre les maisons éclusières de la Bretagne, c'est l'ambition lancée il y a un an par la région et qui commence à voir le jour. Pour dynamiser ces maisons installées au pied des écluses, la région a lancé un appel à projets. Et pour l'heure, il a été remporté par quatre idées novactrices en Ille-et-Vilaine.

Parmi les gagnants : Catherine Saint-James, qui a installé à Hédé, face à la maison éclusière de la Petite Madeleine, un hébergement original : des maisons d'hôtes sur des bateaux. Appelée Ille-Flottante, en référence au canal de l'Ille-et-Rance. L'idée a déjà séduit.

Avant de se lancer dans cette aventure, Catherine Saint-James travaillait dans le milieu de la culture. Cette Bretonne orginaire de Vannes tient d'ailleurs à conserver cet aspect dans son projet. Pour l'instant, avec la location d'un bateau, vous pouvez profiter de deux vélo, d'un kayak et le petit-déjeuner est compris (comptez 95 euros la nuit pour 2 ou 4 personnes). Catherine envisage éventuellement d'organiser des ateliers d'aquarelle ou des concerts. Guillaume Saint-James est lui musicien de jazz. Avec ce projet, c'est en fait toute la famille qui a changé de vie.

La famille a investi 70.000 euros pour remettre en l'état la maison éclusière, et surtout faire construire les bateaux chambres d'hôtes. A chaque étape, ils ont été accompagnés par la région. En contrepartie, les participants à ce projet doivent habiter dans la maison éclusière. Mais le loyer est modique (environ 2.000 euros par an pour une maison de 110m²), une manière d'attirer les volontaires et de redonner vie à ses maisons historiques et pleines de charme.

Voir Source France Bleu Armorique - par Lola Fourmy, le 08 août 2014
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Tourisme : deux toues cabanées visitées par Maria Vadillo

Lors de l'assemblée générale de l'association de la Maison du canal, la volonté affichée, tant de la ville de Hédé-Bazouges que de la communauté de communes de la Bretagne Romantique, était de faire du site des Onze Écluses un pôle touristique majeur. Le site voit transiter, sur les rives du canal d'Ille-et-Rance, 80 000 visiteurs par an. Le premier maillon de ce vaste projet vient de voir le jour à la maison éclusière de la Petite Magdeleine (avant l'agrandissement de la Maison du canal), avec l'implantation de deux toues cabanées, ou bateaux en bois amarrés pour des hébergements temporaires. « Île Flottante » va ouvrir ses portes au public le 1er août.

Appel à projet

L'aménagement du lieu fait suite à un appel à projet lancé en juillet 2013, par la Région. Maria Vadillo, vice-présidente de la Région chargée du tourisme et du patrimoine, en visite jeudi, précise : « L'appel visait à valoriser 21 maisons éclusières en leur donnant une deuxième vie, en y proposant des activités de loisirs, artistiques ou culturelles. » À Hédé-Bazouges, deux projets sont retenus. L'un concerne l'écluse de la Pêchetière, en amont des Onze Écluses, pour y accueillir la fédération de pêche, et celui de la Petite Magdeleine.

Outre les deux cabanes flottantes, le projet comprend, précise l'initiatrice et habitante de la Petite Magdeleine, Catherine Saint-James, « des locations de vélos et la vente de produits locaux. À la fin des travaux, je solliciterai des labels : Rando accueil, Accueil vélo et tourisme et Tourisme et handicap ».

À l'horizon 2015, le projet prévoit, par ailleurs, la mise en service de trois « paddocks », dans d'anciens box à chevaux, situés sur l'arrière de la maison éclusière ; des hébergements, en nuit d'étape, pour les randonneurs itinérants ou de passage. Jouxtant la maison, un pré va pouvoir accueillir, à terme, des bateaux sur cales pour des hébergements. Maria Vadillo précise : « Les travaux réalisés à hauteur de 82 100 € ont été soutenus par la Région pour 24 600 € ».

Jeudi, l'ensemble du projet a été expliqué par Catherine et Guillaume Saint-James à Maria Vadillo et à Anne-Marie Hodemon, de la Région ; à Louis Thébault et à Pascale Choleau, du GIP (Groupement d'intérêt public) de la baie du Mont-Saint-Michel et de la Bretagne Romantique, et aux élus, Jean-Christophe Benis et Didier Cadou.

Voir Source Ouest-France - 15 juillet 2014
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Une nuit de repos au gré des flots

Elle rêvait d'ouvrir un gite au bord de l'eau pour offrir un cadre verdoyant à ses visiteurs itinérants. Catherine Saint-James proposera finalement un hébergement directement sur l'eau à bord d'étonnants bateaux en bois. Musicienne de métier, cette native de Vannes vient de créer sa petite société Ille Flottante à Hédé, sur les bords du canal Ille-et-Rance. D'ici trois semaines et l'achèvement des travaux sur les bateaux, elle proposera aux touristes de dormir à bord de toues cabanées, amarrées dans le port de la petite Madeleine sur le site des onze écluses. « Ce sont des bateaux typiques des bords de Loire. Ils sont arrivés dimanche de Chinon par le canal », explique Catherine Saint-James. Un voyage qui aura permis à cette habituée de la mer de découvrir la navigation fluviale pour la première fois. « On a une vision complètement différente du canal quand on est sur l'eau. C'est très calme, presque poétique », confie la musicienne.

« Un côté nomade »

C'est d'ailleurs cet esprit de liberté qu'elle entend faire partager une fois les travaux terminés. « On a envie de développer le côté nomade, d'emmener les gens naviguer, peut-être même jusqu'à Dinan pour qu'ils aillent se promener », poursuit-elle. Tombée sous le charme d'Hédé il y a dix ans, Catherine s'est déjà faite remarquer dans la commune en créant le festival Jazz aux Ecluses, qui fêtera ses sept ans en septembre. « On voulait s'enraciner, construire quelque chose autour du tourisme, de la culture ». Désormais locataires de la maison éclusière qui borde le petit port, Catherine et sa famille deviendront bientôt des acteurs incontournables du canal. Soutenus par la région, son mari et elle espèrent construire un vrai lieu d'accueil pour les cyclistes et promeneurs, de plus en plus nombreux à venir profiter des bords de Rance. « Il y a un vrai manque de services et d'animation le long du canal. On proposera ici des petites choses comme un dépôt de pain ». Amoureuse de musique, elle espère aussi organiser des concerts dans la petite prairie qui borde l'eau.

Voir Source 20 Minutes - par Camille Allain, le 11 juillet 2014.